Société archéologique et historique de l'île aux Tourtes

Société archéologique et historique de l'île aux Tourtes

Vous êtes ici: Accueil » Historique » Au-delà de la mission
  • Page précédente : Page précédente
  • Imprimer sans les images

Au-delà de la mission de l’île aux Tourtes

L’abandon de la mission en 1727 est définitif. Si l’île aux Tourtes peut toujours avoir un intérêt pour la chasse, la pêche ou la cueillette, elle perd son ancien rôle de résidence d’été pour les Népissingues, désormais installés à Oka avec leurs compatriotes algonquins ainsi qu’avec les Mohawks.

Des structures en place en 1725, celles qui étaient faites de bois pouvaient être déplacées ailleurs. Le bois des pieux ainsi que la maçonnerie auraient pu être réutilisés à d’autres fins. En1729, les héritiers Rigaud de Vaudreuil se partagent la succession de leur père. La seigneurie de Vaudreuil échoit à Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial.

Malgré la Guerre de Succession d’Autriche, l’île aux Tourtes ne retrouvera jamais l’importance stratégique qu’elle détenait au début du dix‑huitième siècle. En 1750, l’agent seigneurial, Joseph Gamelin, concède l’île aux Tourtes à Claude Grenier, habitant de l’île Perrot. Grenier rétrocède cette propriété à Vaudreuil de Cavagnial en 1757 pour éviter de payer les redevances seigneuriales qui s’accumulent. L’île aux Tourtes reste dans le domaine seigneurial et connaît les mêmes transferts de propriété que la seigneurie. En avril 1763, toutes les propriétés canadiennes des Rigaud de Vaudreuil passent entre les mains de Michel Chartier de Lotbinière. Ce dernier cède les seigneuries de Vaudreuil et de Rigaud à son fils, Michel Eustache Gaspard Alain le 14 septembre 1771. Chartier de Lotbinière meurt en 1822 et sa fille, Louise‑Josephte obtiendra la seigneurie de Vaudreuil avec son époux, Robert Unwin Harwood lors du passage de la succession en 1829. Le 26 janvier 1854, ils donnent l’île aux Tourtes et la pointe des Chenaux à leur fils aîné, Antoine Chartier de Lotbinière Harwood. Celui‑ci conserve l’île jusqu’au 26 février 1876 lorsqu’il la vend à Julie Legault, épouse de Pierre Campeau, cultivateur. Gilbert Nicéphore Brabant acquiert ensuite l’île le 29 novembre 1879. Deux ans plus tard, il inclut cette propriété dans une transaction qui lui permet d’obtenir un prêt de sa mère en échange d’une rente viagère. Lors d’emprunts subséquents, l’île aux Tourtes est hypothéquée. Les biens de Brabant seront saisis et le 28 novembre 1891, l’île aux Tourtes est vendue aux enchères. L’acquéreur, Charles Meyer, revend la propriété à Peter Elie Brown le 1er décembre 1891. Pendant la durée de sa propriété, Brabant fait construire un cellier dans le site de l’ancien fort et l'on découvrira certains artefacts lors de ces travaux.

Le docteur Brown érigera une pierre commémorative dans l’île en 1903. Graduellement, l’île sera dotée de chalets pour sa famille. En 1913, Brown accepte qu’Archibald de Léry Macdonald puisse construire un aqueduc entre une source située dans la côte Saint‑François, paroisse de Saint‑Lazare, et l’île de Montréal, traversant l’île aux Tourtes. Brown et ses enfants auront accès à l’aqueduc pour approvisionner six maisons dans l’île aux Tourtes. Pendant les années 1920, Johan Beetz, scientifique et naturaliste belge, aurait élevé des visons dans le secteur, élevage tenu par un dénommé Lapierre. Beetz avait acheté l’île des Trois, voisine de l’île aux Tourtes, en 1913.

Après le décès de Brown, survenu le 28 février 1933, la succession sera administrée par le National Trust. Le 25 juin 1942, l’île aux Tourtes est vendue à Osla Jacqueline Todd, dont la famille possède alors la propriété de l’ancien fort Senneville. Le 4 septembre suivant, Jacqueline Todd vend la moitié de l’île à sa sœur Bridget. Ensemble, elles obtiennent la création d’un refuge d’oiseaux dans l’île aux Tourtes et les îlots voisins en 1943. La même année, la servitude de la Suburban Water Limited, qui possède les droits sur l’aqueduc de Léry Macdonald, est annulée.

L’intérêt de la famille Todd pour la préservation du patrimoine étant bien connu, l’île aux Tourtes semble entre bonnes mains. Cependant, la création de nouveaux types d’infrastructures entre l’île de Montréal et le comté de Vaudreuil entraîne d’importantes interventions qui auront de grands impacts sur l’île aux Tourtes. Située à travers un des passages les plus étroits entre l’ouest de l’île de Montréal et la terre ferme, l’île aux Tourtes attire les constructeurs. En 1958, Trans‑Canada Pipelines obtient une servitude pour construire un gazoduc et en 1961, c’est le gouvernement du Québec qui entame le projet de construction d’un nouveau pont vers l’Ontario. Si la seconde intervention est surtout située au sud de l’île, la première traverse l’île aux Tourtes en son milieu et a causé la destruction d’une partie de l’ancien fort.

La Ville de Vaudreuil acquiert l’île aux Tourtes en 1992.

  • Page précédente : Page précédente
  • Retour vers le haut de la page

Société archéologique et historique de l'île aux Tourtes
51 rue Jeannotte, Vaudreuil-Dorion, Québec, J7V 6E6
450-455-5588

Une réalisation de : Isabelle Aubuchon

Site propulsé par CMS Made Simple 1.11.2.1 Isabela

Dernière mise à jour 30 octobre 2012