Société archéologique et historique de l'île aux Tourtes

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L'île aux Tourtes (1703-1727) et les perles de traite dans l'archipel montréalais

Perles de verre

Annie-Claude Murray
Maîtrise ès Sciences (M. Sc.)
Université de Montréal

Faculté des Arts et Sciences
Département d'Anthropologie

Directeur de recherche : Brad Loewen

Table des matières

Liste de tableaux

  • Tableau   1 : Informations sur les sites archéologiques occupés pendant le Régime français dans l’archipel montréalais
  • Tableau   2 : Distribution des sites à l’est et à l’ouest des rapides de Lachine
  • Tableau   3 : Nombre de sites à caractère commercial de l’archipel montréalais selon la présence ou l’absence de perles de verre de leur inventaire
  • Tableau   4 : Sites archéologiques à caractère militaire de l’archipel montréalais selon la présence ou l’absence de perles de verre de leur inventaire
  • Tableau   5 : Sites archéologiques à caractère technologique de l’archipel montréalais selon la présence ou l’absence de perles de verre de leur inventaire
  • Tableau   6 : Sites archéologiques à caractère fonctionnel agricole et leur localisation dans l’archipel montréalais
  • Tableau   7 : Sites archéologiques du Régime français à l’EST de l’archipel montréalais et du Vieux‑Montréal et leur densité de perles de verre au mètre carré
  • Tableau   8 : Sites archéologiques du Régime français à l’OUEST des rapides de Lachine et leur densité de perles de verre au mètre carré
  • Tableau   9 : Sites à caractère commercial du Régime français et leur densité de perles de verre au mètre carré
  • Tableau 10 : Sites à fonctions multiples du Régime français et leur densité de perles de verre au mètre carré
  • Tableau 11 : Répartition des perles de verre dans les opérations du site BiFl‑5
  • Tableau 12 : Répartition des trois principales couleurs de l’assemblage de perles de l’île aux Tourtes, BiFl‑5
  • Tableau 13 : Répartitions des perles du site BiFl‑5 selon les lots pour chaque opération
  • Tableau 14 : Nombre des types de perles (Kidd et Kidd, 1972) les plus nombreuses de l’assemblage BiFl‑5
  • Tableau 15 : Nombre de perles de verre selon les types de l’assemblage BiFl‑05
  • Tableau 16 : Total et proportion des autres couleurs de l’assemblage de perles de l’île aux Tourtes, BiFl‑5

Liste des figures

  • Figure 1 : Interprétation d’une vue en plan des établissements de l’île aux Tourtes et du fort de Senneville vers 1720, d’après Désiré Girouard, 1893 (Payeur et Viau, 1989 : 51)
  • Figure 2 : L’interculturalité d’après le concept de Laurier Turgeon
  • Figure 3 : L’archipel montréalais
  • Figure 4 : Carte des sites archéologiques du Régime français dans l’archipel montréalais
  • Figure 5 : Carte du site archéologique et historique de l’île aux Tourtes, BiFl‑5 (Archéotec Inc., 2007)
  • Figure 6 : Perles de verre et bouton de cuivre en place dans une sépulture du flanc ouest de l’église (photo : Archéotec Inc. 2006)
  • Figure 7 : Tranchée de construction de l’église de pierre, flanc ouest (photo : Archéotec Inc. 2006)
  • Figure 8 : Carte des déplacements des Népissingues dans l’archipel montréalais, 1675 à 1840

Liste des annexes

  • Annexe 1 : Planches photographiques des types de perles analysées
  • Annexe 2 : Types de sites selon leur fonction, MCCQ
  • Annexe 3 : Résumé des rapports de fouilles consultés
  • Annexe 4 : Grille d’observation des perles, site BiFl‑5
  • Annexe 5 : Analyse des sites du Régime français de l’archipel montréalais
  • Annexe 6 : Analyse des perles du site de l’île aux Tourtes, BiFl‑5
  • Annexe 7 : Stratigraphie type du site de l’île aux Tourtes, BiFl‑5

Remerciements

Je tiens à remercier mon directeur de maîtrise, Monsieur Brad Loewen qui, tout au long de mon projet, a su apporter ses conseils et ses corrections tout en respectant mon style et mes idées. J’ai constaté tout au long de mes études au deuxième cycle qu’il a toujours encadré mon cheminement d’une manière tout à fait exceptionnelle. Je veux également mentionner mes consœurs et confrères de travail et de maîtrise pour leur support et leur aide. De plus, je tiens exprimer tout particulièrement ma reconnaissance à André-Jacques, mon support moral et technique. Enfin, comment exprimer toute ma gratitude à ma famille, mon père Roch, ma mère Francine, ma sœur Véronique et mon frère David, qui tout au long de mes études ont eu confiance en mes aptitudes et en mes projets.

Je tiens également à remercier Hélène Buteau de la firme Archéotec Inc., laquelle m'a fourni une collaboration ainsi qu’une place au sein de l’équipe sur le terrain, expérience que j’ai grandement appréciée. Je voudrais remercier la Société archéologique et historique de l’île aux Tourtes (SAHIT) pour leur effort à diffuser dans leur communauté les connaissances acquises par l’archéologie à l’île aux Tourtes. De plus, je tiens à remercier cette société pour la bourse dont j’ai pu bénéficier et pour leur proposition de publication de mon mémoire de maîtrise.

Enfin, je tiens à exprimer ma reconnaissance à la Société Pratt et Whitney et la Fondation Pointe-à-Callière pour leurs efforts à encourager la relève en archéologie québécoise par un support financier dont j’ai pu bénéficier.

Résumé en français

Ce projet de mémoire vise une compréhension de la distribution et de la signification des perles de verre sur le site historique de l’île aux Tourtes et de son intégration au sein de l’archipel montréalais (réseau hydrographique compris entre le lac des Deux-Montagnes et la confluence des rivières Mille-Îles, des Prairies et du fleuve Saint-Laurent). Situé en face de la pointe extrême ouest de l’île de Montréal, le site de l’île aux Tourtes abritait une mission sulpicienne, un fort de garnison ainsi qu’un poste de traite. L’accès aux voies de communication fluviales de l’Outaouais, du fleuve Saint-Laurent et autres rivières offrait au site une position stratégique dans l’interception des convois de fourrures qui descendaient à Montréal. La signification de la présence de ces perles a été observée à partir de l’espace de contact entre cultures amérindienne et européenne pendant le Régime français. Cet espace de contact se situait à l’ouest des rapides de Lachine. Les terres à l’est des rapides étaient réservées à la colonisation européenne, refoulant ainsi les groupes amérindiens plus à l’ouest. La compréhension de cet espace de contact s’est faite à l’aide de la distribution globale des perles de verre sur les sites archéologiques du Régime français de l’archipel montréalais. À partir de cette étude de distribution, nous pourrons déterminer le statut du site archéologique de l'île aux Tourtes au sein de l'archipel montréalais. De plus, nous étudierons l’assemblage des 925 perles de verre du site de l'île aux Tourtes afin de faire émerger un sens de cet ensemble avec l’aide de textes portant sur la symbolique des perles de verre.

Anthropologie - Archéologie - Régime français - Perles de verre - middle ground - appropriation - île aux Tourtes - archipel montréalais - Népissingues - espace de contact

Résumé en anglais

This master’s thesis seeks to explain the distribution and meaning of the glass beads founds on the île aux Tourteshistoric archaeological site and its integration at the heart of the Montreal archipelago (the fluvial network situated between Deux-Montagnes Lake and the confluence of Mille-Îles, des Prairies and St. Lawrence rivers). Situated opposite Montreal’s westernmost point, the île aux Tourtes archaeological site included a Sulpician mission, a garrison fort and a trading post. Its easy access to communication routes such as the waterways of the Ottawa, St. Lawrence and other rivers gave it a strategic position in the interception of furs coming downstream to the city of Montreal. We have studied the meaning of the presence of glass beads in the « contact space » of Amerindian and European cultures during the French Regime. Euro-Amerindian contact took place west of the Lachine rapids, pushing Amerindian groups westward and freeing the eastern lands for European colonisation. Comprehension of this space was enabled by studying the global distribution of glass beads on all archaeological sites from the French Regime of the Montreal archipelago. From this distribution study, we determined the status of the île aux Tourtes archaeological site in relation with others across the Montreal archipelago. We also studied the assemblage of 925 glass beads from l’île aux Tourtes from the perspective of glass bead symbolism in order to rediscover the cultural meaning of this collection.

Anthropology - Archaeology - French Regime - Glass Beads - Middle Ground - appropriation - île aux Tourtes - Montreal’s archipelago - Nippissing - contact space

Introduction

Pour de nombreux historiens et archéologues, la période du Régime français (1534‑1760) en Nouvelle‑France est de haut intérêt. Que ce soit par la situation du « commencement » de l’histoire écrite ou par la mise en branle d’une occidentalisation de l’Amérique du Nord, cette période représente un champ de recherche infinie. Pour certains chercheurs, la période du Régime français suscite une attention particulière pour tous les nouveaux comportements qu’ont engendrés les contacts entre peuples qui ne soupçonnaient pas l’existence de l’un et de l’autre. Dans ce champ d’études commun pour plusieurs scientifiques, certains parlent de métissage, d’interculturalité, de transculturalité (Havard 1997, Turgeon, 2003, 2005) ou encore de nouvelles manifestations culturelles résultant de la rencontre entre deux peuples de culture distincte (Turgeon 1996, White 1992).

Nous pouvons supposer qu’une grande majorité d’établissements français dans la vallée du Saint-Laurent furent à leurs débuts sujets à des confrontations d’origine culturelles avec les peuplades amérindiennes. Pour Montréal, Ville-Marie, il n’y eut pas d’exception. Les raids amérindiens menacèrent l’établissement colonial dès ses débuts.

Bien que l’archéologie ne puisse fournir une image claire des violences et affrontements qui eurent lieu à Montréal et ses environs, cette discipline peut toutefois donner des indices sur les conditions de vie précaires des premiers colons et des objets qui émanèrent des contacts franco‑amérindiens. Les fouilles en archéologie historique dans l’archipel de Montréal débutèrent vers les années 1960 avec comme précurseur Michel Gaumond. Le site de l’île Jésus (BkFj‑2), à Laval, fut un des premiers sites archéologiques à être fouillé. Ensuite suivirent les fouilles du site de l’île des Sœurs (BiFj‑1) et du fort de Senneville (BiFl‑2), qui furent fouillés par Donald Webster pour le Royal Ontario Museum, respectivement en 1970 et 1971. D’autres sites furent explorés par Gaumond accompagné cette fois de Lafrenière, notamment le site de l’emplacement du château-fort de Longueuil (BjFj‑5) en 1972 et le château de Ramezay (BjFj‑2) en 1973. Certes, les fouilles archéologiques dans l’archipel montréalais eurent leurs années d’expansion dans les années 1980 avec les grands travaux dans le Vieux-Montréal. Encore aujourd’hui, les informations dont les archéologues disposent concernant l’archéologie sont fragmentaires, mais ne cessent de s’accroître grâce aux efforts déployés pour conserver le patrimoine archéologique du Québec.

Depuis quelques années, j’ai eu l’occasion et même le privilège de travailler de concert avec d’excellents archéologues. Je puis affirmer avoir participé à plusieurs fouilles dans le Vieux-Montréal sur le lieu de fondation de Montréal (BjFj‑101) et ainsi traverser différents contextes archéologiques du début du XVIIe siècle jusqu’au XXe siècle. À travers l’acquisition de mon expérience de terrain, j’ai développé un goût tout particulier pour tout ce qui est généré par le contact de deux groupes culturels. En Nouvelle‑France, cet état se manifeste dans ce qu’on pourrait appeler un espace de contact ou un espace métissé. Lorsque je songe à des lieux portant cette qualification, il me vient en tête des lieux comme les postes de traite de l’Outaouais, de Lachine, les missions de La Prairie, de Saint‑Anne‑du‑bout‑de‑l’île, de Gentilly‑la Présentation et encore, mais plus particulièrement, de l’île aux Tourtes.

Le site de l’île aux Tourtes (BiFl‑5) abrita une mission sulpicienne de 1703 à 1727. Ce site fut exploré par Transit Analyses au début des années 1990 pour ensuite être revisité par les archéologues d’Archéotec Inc. de 2002 à 2006. Les contextes archéologiques sur l’île ont été perturbés dans sa partie sud par l’installation d’un gazoduc dans les années 1950 et la construction d’un pont en 1961. Malgré ces perturbations, le site archéologique et historique de la mission a été épargné par les travaux des contractants, et ce, de justesse. Le site de l’île aux Tourtes est scientifiquement intéressant non seulement par la présence d’une culture matérielle diversifiée en lien avec la mission, mais aussi par la préservation des contextes archéologiques.

Issues de contextes archéologiques préservés des aléas du temps, un assemblage de 925 perles de verre a été découvert à l’île aux Tourtes. J’ai développé un intérêt particulier pour cette catégorie d’objet puisque leurs présences sur un site nécessitent une activité de traite, sinon une présence amérindienne. Je considère les perles de verre dans un champ d’intérêt connexe aux espaces de contact puisque d’origine européenne, ces perles ont souvent été retrouvées en contexte archéologique amérindien. Cette transposition de l’objet européen en contexte amérindien n’a pas lieu de me laisser indifférente. Dans le présent document, je chercherai à connaître davantage le site archéologique et historique de l’île aux Tourtes. Ensuite, je compte contribuer aux connaissances nouvelles sur l’archipel de Montréal et sur l’utilisation de l’espace, à travers l’étude des perles de verre. Ensuite, par l’étude de l’assemblage des perles de verre de l’île aux Tourtes, je compte faire émaner des informations relatives à l’utilisation de l’objet à l’intérieur d’un groupe culturel.

Dans ce mémoire de maîtrise, cinq chapitres seront présentés. Le premier chapitre sera consacré à la présentation de l’état des connaissances sur les perles de verre, sur l’île aux Tourtes et l’archipel montréalais. Ensuite, nous présenterons la problématique qui entoure notre sujet, les hypothèses que nous avançons ainsi que la méthode que nous comptons utiliser.

Le deuxième chapitre traitera de l’analyse spatiale archéologique des perles à l’échelle de l’archipel montréalais. Nous décrirons davantage notre corpus de données à travers les bases historiques ayant forgé la région de l’archipel montréalais. Nous présenterons nos conclusions issues de l’organisation spatiale suite à l’analyse archéologique du territoire.

Le troisième chapitre visera exclusivement le site de l’île aux Tourtes, BiFl‑5. Nous dépeindrons le site sur ses bases historiques et en discuterons l’analyse archéologique. Les conclusions tirées de l’analyse de la distribution des perles sur le site seront présentées.

Le quatrième chapitre aura comme ligne directrice l’analyse de la collection des perles de verre de l’île aux Tourtes. Nous traiterons plusieurs données en importance issues des analyses et présenterons les conclusions tirées de l’analyse.

Le cinquième chapitre tiendra lieu de discussion visant à approfondir les concepts utilisés en relation avec les perles de verre. Nous tenterons de faire ressortir les connaissances acquises sur l’ensemble de notre sujet de recherche.

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Dernière mise à jour 30 octobre 2012